Comment prévenir et traiter les maladies courantes des plantes au jardin ?
Au jardin, il est quasiment inévitable que certaines plantes soient un jour affectées par des maladies. Si, dans 85 % des cas, celles-ci sont causées par des champignons, les maladies sont parfois d’origine bactérienne ou virale. Apprenez à reconnaître les maladies les plus courantes au potager ou au jardin d’ornement, et découvrez comment les traiter et les prévenir. En bonus, retrouvez tous nos conseils pour garder vos plantes de jardin en bonne santé toute l’année !
Les principales maladies crytogamiques des plantes au jardin
Dues à des champignons microscopiques, les maladies cryptogamiques sont les plus fréquentes au jardin. Les spores des champignons pathogènes pénètrent par les ouvertures naturelles, causées par exemple par les outils de taille, par les ravageurs et par les insectes pollinisateurs. La transmission des agents pathogènes peut aussi se faire par l’eau de pluie ou d’arrosage, par l’air ou par le sol.
Lorsque les feuilles d’une plante, et parfois ses tiges et ses fleurs, sont recouvertes d’une poudre blanche, il s’agit probablement d’oïdium. Favorisée par l’humidité et les écarts de température entre le jour et la nuit, cette maladie affecte souvent les arbres et les plantes fruitières comme les pommiers, la vigne, les pêchers et les pruniers. Certaines plantes à fleurs sont sensibles à l’oïdium, comme les lilas, les marguerites et les roses.
Les symptômes de la rouille sont des taches décolorées qui apparaissent sur la face supérieure des feuilles, ainsi que des pustules orangées qui s’étendent sur toute la surface des feuilles, jusqu’à les flétrir. Les roses et les plantes herbacées sont les plus vulnérables à la rouille.
Causée par des agents pathogènes tels que Pythium, Phytophthora, Rhizoctonia et Fusarium, la pourriture fongique des racines est due à un excès d’humidité dans le sol. Affaiblies, les racines n’absorbent pas correctement l’oxygène et la plante finit par mourir. Les betteraves, les carottes, les panais, les pommes de terre, le céleri et les asperges font partie des cultures les plus vulnérables à la pourriture des racines.
Vos semis ont du mal à sortir de terre, vos plants se flétrissent ou prennent une teinte brunâtre ? Ils sont sans doute atteints de la fonte des semis. Courante dans les serres, cette maladie se propage aussi dans les sols détrempés des jardins.
Les moyens de prévention et de lutte contre les maladies cryptogamiques
Au jardin, les maladies dues à des champignons pathogènes sont souvent causées par une exposition à une humidité excessive pendant des périodes prolongées. Par exemple, de l’eau qui stagne, un sol détrempé, un mauvais drainage, un environnement humide, un arrosage excessif, une mauvaise circulation de l’air, ou encore un manque de protection contre les intempéries.
Si la maladie s’est propagée, séparez les plantes atteintes de celles qui sont saines. Éliminez les feuilles infectées et détruisez-les. Si nécessaire, procédez à une taille sévère. Les produits phytosanitaires fongicides d’origine naturelle, à base de soufre et de cuivre, comptent parmi les traitements classiques.
Évitez d’arroser vos plantes par le haut et n’arrosez qu’en milieu de matinée pour permettre aux plantes de sécher pendant la journée. Enfin, améliorez la circulation de l’air et le drainage du sol pour prévenir les maladies fongiques.
Quelques maladies bactériennes des plantes
Bien qu’assez rares, les maladies bactériennes sont souvent fatales pour les plantes. Les bactéries se propagent le plus souvent par l’eau et les éclaboussures, par les outils de taille, mais aussi par les oiseaux et les insectes.
Fréquent chez les arbres et les buissons endommagés ou affaiblis, le chancre est principalement causé par deux types de bactéries, Xanthomonas et Pseudomonas. Une lésion superficielle apparaît d’abord sur la zone infectée qui finit par se nécroser. Parmi les symptômes les plus caractéristiques d’un chancre, on observe une tache brunâtre et concave sur l’écorce, suivie de boursouflures entraînant l’éclatement de l’écorce,la formation de crevasses et l’écoulement de gomme.
Causé par Erwinia amylovora, le feu bactérien est particulièrement contagieux et dangereux. Il affecte surtout les arbres fruitiers à pépins tels que les pommiers, les poiriers et les cognassiers, ainsi que les arbres et arbustes indigènes et ornementaux de la famille des rosacées. On remarque alors un noircissement des feuilles et des pousses, et un dépérissement pouvant entraîner la mort de l’arbre.
Certaines cultures telles que la pomme de terre, la carotte, l’aubergine, ou encore la courge, sont sujettes à la pourriture molle bactérienne. Les bactéries en cause sécrètent des enzymes capables de détruire les structures des parois cellulaires de la plante qui est transformée en une bouillie liquide. Les brassicacées, les laitues, les oignons, les courgettes, les tomates et les panais sont également vulnérables à cette maladie des végétaux.
Comment prévenir les maladies bactériennes chez les plantes ?
Les bactéries phytopathogènes se développent dans des sols humides et mal drainés. Dans certains cas, leur propagation est causée par les rongeurs et les insectes. Pour contenir une infestation, il faut éliminer les plantes atteintes, tailler les feuilles malades et les détruire. À titre préventif, il est conseillé d’éviterle surpeuplement et l’arrosage excessif des plantes. Afin de maintenir un environnement de culture sain, protégez les plantes des rongeurs et des insectes susceptibles de véhiculer des maladies bactériennes. L’utilisation d’engrais organiques permet aussi aux plantes de mieux résister aux infections bactériennes.
Quelles sont les principales maladies virales chez les plantes ?
Les virus qui touchent les plantes se comportent de la même manière que ceux qui infectent les humains : ils ont besoin d’un hôte vivant pour survivre. Les virus se propagent, entre autres, par des ouvertures causées par des blessures accidentelles dues à la taille ou aux morsures d’insectes piqueurs et suceurs. Sans intervention, les viroses peuvent devenir mortelles. Contrairement aux autres maladies phytosanitaires, les maladies virales sont en général plus difficiles à détecter. En effet, la plupart des manifestations physiques de la maladie peuvent être confondues avec des défauts physiologiques naturels des plantes.
On observe la plupart du temps des décolorations du feuillage, des panachures en mosaïque ou en marbrures, accompagnées d’une perte de vigueur. La jaunisse de la laitue, la marbrure nanifiante de la carotte, le nanisme buissonnier du framboisier ou encore la mosaïque du concombre, sont quelques exemples de viroses.
Comment lutter contre les viroses ?
En l’absence de moyen curatif efficace, il est indispensable d’éliminerles plantes malades afin d’éviter la contamination des autres plantes. Améliorer la circulation de l’air en respectant un espace suffisant entre chaque plant, et éviter de jardiner par temps humide, permet de réduire les risques d’attaque virale.
6 conseils généraux pour prévenir les maladies au jardin
- Entretenez régulièrement votre jardin
Nettoyer son jardin est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir les maladies des plantes. Pensez à retirer les débris indésirables, à couper les branches et les feuilles malades à l’aide d’un sécateur à main ou d’une paire de ciseaux de jardinage, et à arracher les mauvaises herbes. N’ajoutez pas les végétaux malades au tas de compost, jetez-les à la poubelle ou brûlez-les. - Évitez la surfertilisation
L’abus d’engrais peut affaiblir la croissance des plantes et les rendre vulnérables aux ravageurs et aux maladies. La juste dose permet au contraire de renforcer l’immunité des plantes contre les maladies. - Vérifiez la présence de maladies
Si vous introduisez de nouvelles plantes dans votre jardin, vérifiez que les feuilles et les tiges ne présentent pas de maladies ou de ravageurs potentiels. Pour les plantes existantes, prenez l’habitude de les inspecter de près avant de les arroser. Si vous voyez des signes d’infection fongique, de jaunissement ou de flétrissement du feuillage, éliminez les plantes atteintes. - Surveillez la température du sol
N’arrosez jamais par temps frais ou humide. N’arrosez qu’en cas de besoin et vérifiez la température du sol avant de procéder à l’arrosage. Les plantes ont moins de chances de lutter contre les maladies lorsqu’elles sont exposées à de l’eau stagnante et à des températures froides. Planifiez bien votre arrosage et veillez à ce que l’excès d’eau s’écoule loin des plantes. - Évitez d’arroser par le haut
Il s’agit d’une étape cruciale dans la prévention de tout type de maladie ou de parasite au jardin : ne mouillez jamais le feuillage ! Les feuilles des plantes ne peuvent pas du tout absorber l’humidité. La plupart des infections fongiques se développent dans des environnements humides et froids. N’exposez pas vos plantes vulnérables aux agents pathogènes ; arrosez-les tôt dans la journée (avant 9 heures) et évitez l’arrosage par le haut. Utilisez des tuyaux d’arrosage, un système d’irrigation au goutte-à-goutte, etc. - Favorisez une bonne circulation de l’air
Les agents pathogènes détestent les environnements de croissance où la circulation de l’air est excellente. Donnez à chaque plante suffisamment d’espace pour se développer et évitez le surpeuplement. Une taille régulière permet également d’améliorer la circulation de l’air.
Nettoyer son jardin est l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir les maladies des plantes. Pensez à retirer les débris indésirables, à couper les branches et les feuilles malades à l’aide d’un sécateur à main ou d’une paire de ciseaux de jardinage, et à arracher les mauvaises herbes. N’ajoutez pas les végétaux malades au tas de compost, jetez-les à la poubelle ou brûlez-les.